Super Mario Bros. le film : critique

À la fin de l’année 2014, les « Sony leaks » dévoilaient un échange au sein duquel Avi Arad (un influent producteur américain) écrivait « je suis le fier papa d’un film d’animation Mario ». Près d’une décennie plus tard, Universal Pictures, Nintendo, et le studio Illumination unissent leur force pour donner une seconde chance au plombier le plus célèbre du monde sur grand écran. L’attente valait-elle le coup ?

C’était probablement l’une des plus grosses attentes de ce début d’année 2023. À l’issue d’une campagne marketing particulièrement réussie (bien aidée par le parterre de célébrités impliqué dans son doublage américain), le très ambitieux film d’animation Super Mario Bros. par Aaron Horvath et Michael Jelenic semblait invincible.

Dans quoi est-ce qu’on s’est encore fourré ? ©The Super Mario Bros. Movie

Et pour cause, cette fois, l’adaptation du plombier moustachu a été chapeautée par Shigeru Miyamoto lui-même, afin d’éviter une débâcle similaire à son ainé de 1993, partie en roue libre (mais promis, on reviendra un jour sur l’histoire mouvementée de Mario et du 7e art).

La tâche de son animation est confiée au studio Illumination. S’il ne s’agit pas du studio le plus mémorable (Disney, Pixar ou Dreamworks disposent évidemment d’un héritage bien supérieur), c’est un excellent exécuteur, qui s’est illustré en enchainant les cartons au box-office (Moi, moche et méchant, Les Minions 2).

Après une décennie dans les cartons, avec un tel déluge de talents et autant de raisons d’avoir foi en Super Mario Bros., qu’en est-il en fin de compte ?

Pub pour la Wii et ventre mou ©The Super Mario Bros. Movie

Dans son artisanat, Super Mario Bros. fait un strike, un home-run, ou toute autre métaphore sportive qui pourrait évoquer un spin-off obscur du plombier moustachu. L’animation, la colorimétrie, le character design, la construction des décors, le doublage (français dans notre cas) ont tous bénéficié d’un soin particulier.

L’autre force de Super Mario Bros., c’est d’assumer son projet. En moins de 90 minutes, le fan est servi de références jusqu’à plus soif. Des jeux les plus récents aux tanukis de la famicom, tous les joueurs de Mario sauront s’y retrouver. Il n’y a d’ailleurs aucune volonté d’expliquer ou de rationaliser un imaginaire qui a été bâti pour un gameplay instinctif. Et ça marche, puisque cet univers nous est familier, et qu’à aucun moment le spectateur ne souhaite le questionner dans sa cohérence.

Visuellement, ça fait boum ©The Super Mario Bros. Movie

Toutefois, tout n’est pas rose dans l’univers de la princesse Peach. Le film est atrocement inégal. Son premier quart d’heure est excellent, la découverte du Royaume Champignon est un bijou, mais va progressivement vers le pire. Le milieu du film est une séquence en karts vécue comme une publicité pour les aventures motorisées du plombier sur Wii. La conclusion du film se révèle aussi manquer de panache.

Du côté des personnages, il y a du bon, et du moins bon. Peach et Bowser sont adorables, Mario et Luigi sont transparents. Certains personnages secondaires, à l’instar d’un Luma enfermé et hilarant ou les Toad nous restent à l’esprit. Enfin, la bande-son est un medley radioactif où de très bonnes reprises de Brian Tyler côtoient les pires utilisations de Holding Out for a Hero ou Take On Me.

Une avalanche de références ©The Super Mario Bros. Movie

Note : 2,5/5. Super Mario Bros. bénéficie d’un artisanat soigné. L’animation est sublime, et le monde dans lequel il nous projette est un joyau. Dommage que 90 minutes soient suffisantes pour le voir cabotiner sur une bande-son parfois digne de Suicide Squad. Mario n’est pas un film moyen malgré sa note ; c’est un film où le meilleur côtoie le pire.

Tradition oblige, on vous laisse devant l’excellente bande-annonce de Super Mario Bros., en salles depuis le 5 avril 2023.

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